De la flute et des hommes

17 décembre 2015

Uke, pfuits! et Chansons

La flute simple, sans clé ni mécanisme donc, est présente –omniprésente- dans la culture humaine depuis la nuit des temps (on dirait un peu l’intro-gag de mes dissert de philo au lycée, gasp… )

 

La plus ancienne retrouvée à ce jour, une traversière simple à 6 trous, a été datée à -35.000ans… et, de manière assez spectaculaire, ressemble à s’y méprendre à celles que nous utilisons encore aujourd’hui (oui, aujourd’hui on est sérieux, pas de néologismes rigolo, pas de jeux de mots, c’est ambiance ‘’bouillon de culture’’, z’avez vu ?)

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enfin, grosso merdo c’est resté pareil…

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… presque quoi, on va pas chipoter…

 

Source des toutes premières mélodies de notre histoire balbutiante, c’est un instrument fascinant, surprenant, aux facettes multiples, tellement étroitement lié aux Hommes, à l’amour, à la guerre, au divin, qu’en retracer l’évolution, la facture, les utilisations, les représentations et les infinies ramifications nous ramènent inévitablement directement au grand  ‘’Nous-mêmes’’ en tant qu’espèce.

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N’essayez pas chez vous : ça finit en se balançant d’avant en arrière, la tête entre les genoux, avec les yeux fous et la bave aux lèvres…

 

Présent et honoré sur tous les continents, dans toutes les civilisations (vous pouvez vérifiez, allez y) et à tous les niveaux de celles-ci, Il est le symbole humain par excellence :

 

c’est l’instrument du berger hirsute de retour de transhumance, qui anime les rondes de village, c’est celui du druide et du chaman amérindien, lien direct et subtil entre matériel et spirituel, c’est l’instrument de jade finement ciselé à la cour des empereurs chinois, c’est le fifre qui précède l’infanterie sur les champs de batailles de la guerre de sécession, c’est l’instrument du pauvre, l’instrument du puissant, l’instrument de l’érudit comme du rustre, l’instrument par excellence de la musique sacrée, de la musique païenne, du Samouraï, du Maître de Kung Fu… c’est… c’est… bon, ça va, je me calme…

… c’est le dieu flutiste Kokopeli qui amène le printemps des incas, les dieux et déesses Pan, Krishna, Athéna…

 

kokopeli, c’est lui, yo man! Rastafarai!

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Il peut sortir d’un roseau, façonné à tâtons par un enfant ou le produit minutieux de l’expérience et du savoir faire d’un facteur passionné, issu du bois le plus précieux…

 

Flute est un terme générique qui en fait se décline en de nombreuses familles, que je ne connais pas toutes (heureusement, déjà que je sais jamais où j’ai mis mes clés) :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fl%C3%BBte

à cette richesse symbolique s’ajoute l’attirance instinctive témoignée par homo sapiens sapiens normalis pour le son… sa pureté, sa mysticité immédiate, qui rappelle à la fois le vent dans les arbres et le chant des sirènes…

 

… ses vertus relaxantes, voire thérapeutiques…

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qui veut de la tarte aux fleurs ? yen reste…

 

C’est surtout ça que j’aimerais développer ici (on y arrive, vous avez vu l’intro qui rigole pas quand même ?), faisant volontairement l’impasse sur le côté technique, d’autres s’y connaissent beaucoup mieux que moi !

 

Il y a toute une série de phénomènes peu connus liés aux instruments à vent en général et aux flutes simples primitives en particulier.

Par ‘’flute simple primitive’’ j’entends les flutes obliques (ney, kaval, blul) à encoche (queena, shakuhachi) traversières (irish, bansuri, dizi) et de pan (pan !)… sans vraiment le souci d’exhaustivité, c’est plus l’esprit de la production de son qui est importante que le procédé même.

 

Je relègue donc volontairement et complétement arbitrairement au ban de l’infamie toutes les flutes ‘’ à sifflet’’

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vous vous rappelez de celle là, hein ? brrrr…

 

arrivées plus tardivement sur l’échelle de l’évolution flutistique (allez, un ptit néologisme quand même) et dont la production de son est complétement différente…

même si je me pâmerais comme une damoiselle sous GHB à la moindre tirade mélancolique de low Whistle, ça n’a rien à voir, c’est sûrement ma celtitude helvète qui veut ça…

 

On est immédiatement frappé par l’intimité étroite qui se crée quand on commence à souffler dans une des ces flutes … (et assez content d’en sortir un son déjà, au début)

la singularité fondamentale, ce qui les différencie de tous les autres instruments, c’est l’absence d’élément mécanique entre ‘’l’intention’’ (le souffle) et l’émission du son… on ne triche pas avec une flute, le moindre état d’âme est traduit tel quel, sans intermédiaire, sans transformation.

On peut exprimer et faire passer des sentiments, des couleurs, d’une profondeur absolument phénoménale, qui le plus souvent touchent directement la cible, parce que c’est ancré en nous tous indifféremment de nos origines ou de notre découvert mensuel.

C’est en quelque sorte une sarbacane à émotions, quoi

(misère… j’ai la tête à Cabrel en visu cérébrale maintenant, c’est malin…)

 

D’un point de vue plus prosaïquement physiologique, il est intéressant de détailler le ‘’cercle du zen’’ qui se crée à l’intérieur de notre tuyauterie pendant une session flute.

 

Allons y :

 

-          On arrive stressé, de la vie en général, des préoccupations du quotidien, de la gastro du petit… ou de rien en particulier, juste parce qu’on aime bien se plaindre tout le temps

 

-          On s’assied confortablement, si possible dans un endroit propice à la contemplation, allez au hasard, un rocher blanc sur une rive sauvage avec une petite cascade pas loin: feng-shui-à-mort

 

-          On commence à souffler (sinon ça marche pas)

 

-          On se concentre sur le son émis, les vibrations de l’instrument, le rythme de la mélodie, les doigtés (que l’on arrive pas trop à rassembler dans un joli petit paquet musical bien ficelé dans les premiers instants, c’est normal)

 

-          Le souffle s’adapte doucement à ces paramètres, c’est le diaphragme qui travaille, respiration ventrale, la même que pour la méditation…

 

-          La respiration s’apaise, et fait baisser du même coup le rythme cardiaque, qui fait, lui, baisser la tension artérielle

 

-          On trouve une position encore plus confortable

 

-          Le cerveau, qui est mis en état de grande concentration sur l’adéquation intention/son émis, fignole les paramètres internes pour former un tout cohérent

 

la prochaine fois que vous écouterez de la musique zen, ou amérindienne, un râga indien, un slow air irlandais, une ballade tzigane, un morceau soufi… dites vous que c’est les battements du cœur du flutiste que vous entendez

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ouiiiiii!!! j’ai placé maître Shifu!!! o/

 

-          La sensation de cohérence (on a l’impression que la flute ‘’joue toute seule’’), le laissez aller, le contrôle de la respiration, la mélodie, le son… alliés à la production d’en-dor-phine due aux vibrations à la légère suroxygénation du cerveau… Fait qu’on s’installe ENCORE plus confortablement ( »les endorphines, c’est mes copines » disait H.F.Thiephaine, qui s’y connaissait un poil en mettage de tête à l’envers)

 

-          Le flutiste, la flute et le son qui en sort ne font plus qu’un, la session s’allonge, le temps s’étire, le cercle continue jusqu’à un état… de ‘’wow mec, il est fort ton truc là’’  »ouais man, ça blagotte pas la locale hein ? »

 

-          On en sort vidé, apaisé, un peu hagard, ailleurs, béat, bien… En se disant dans un large sourire, qu’en plus ça coute vachement moins cher que la beuh !

 

 

Essayez, vous verrez !! ^^

 

Les flutes que j’utilise pour mes sessions ‘’spirit l’étalon des plaines’’ sont :

 

-          une irish Lowflute en Do (C grave) à 6 trous, et sa grande grande sœur en Bb ‘’plus mystique que la plus mystique de tes copines’’ comme dirait Joey, qui sort moins souvent car moins polyvalente et nique doigts (mais c’est celle que je prends en studio, les yeux fermés)

elles ont été faites par doug tipple aux States, pour un prix d’une soixantaine d’euro si je me souviens bien (bargain of the century, ils disent les ricains)… juste pour rire, regardez le prix d’une  »irish flute » en général…

…vous riez moins hein ?

 

voici Aslynn (c’est son petit nom à l Bb, oui, oh, ça va hein, à chacun ses TOC, ça veut dire  »rêve » en gaélique, parce que je suis un fier et rude guerrier ET poète Helvète… oui, on peut) en action:

- mode zen: https://app.box.com/s/9la3ce37fguw61pz68il

- mode zen-de-fin-de-soirée: https://app.box.com/s/g1qbxaxcmrfi7a2hrsud

 

-          une Blul Kurdes (ou Arménienne, ça dépend si vous demandez à un Kurdes ou un Arménien, en fait) en ré (D grave) à 9 trous en bois de chez tchuttchut pas de marque, glanée sur Ebay pour 50euros…

la mienne est une tuerie discrète, mais je connais des gens qui ont eu de mauvaises surprises avec le fabriquant que je ne citerai donc pas ici.

- mode brouillon crado mal enregistré: https://app.box.com/s/f142q3svtdufsdao09ohwp81lv70owy3

 

Pourquoi ces deux là ?

 

Une irish diatonique en pvc et une oblique balkanique chromatique en bois ?

Je répondrais ‘’charybde et scylla’’ pour faire mon malin… difficile de faire un choix entre la glace et le feu…

 

Ça nous aménera d’ailleurs dans un prochain épisode de parlotter du débat musicologique fabuleusement métaphysique qui opose instruments diatoniques et chromatiques… mais là on va faire une petite pause hein !

 

 

Au revoir… et à bientôt

 

 

*générique des citées d’or*

À propos de loiseauivre

Musicien et vadrouilleur du dimanche, touche à tout pas trop endimanché...

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