Première grande voie dans les calanques, cadeau de Noël de moi à moi!!

15 décembre 2015

Bivouac musical et vadrouilles

Sortie grande voies dans les calanques, un week end de noël, alors que les copains de haute Loire étaient restés accrochés aux cascades de glaces… la première pour moi, après un seul essais concluant sur plusieurs longueurs au rocher de Costaros, à la frontale, pour le lever de soleil sur les gorges (gros miamage)

On prend la voiture, on traverse l’Ardèche, la Lozère et le Gard pour débarquer en grande pompe chez Marcel Pagnol et ses copains

 

mmm… les effluves de la mer, un petit pied à terre à la Ciotat, à quelques pas du chemin côtier…

Ambiance animée le premier soir, beaucoup des bières, du vin et de la musique… je vous épargne les photos-casseroles de ce moment épique fait de braillages aléatoires et de ukulélé désordonné !!

Hé !! mais arrêtez de tous baver dans l’harmo là !! quelqu’un reveut du rouge ?

 

Arrive le lendemain, très, trop vite… et la triste constatation d’une météo chagrine, froid, vent… mais surtout bruine incessante…

le rocher est trempé, impossible de faire ce pour quoi on est tous là : la grande voie, la grimpe avec un grand G…

 

On se rabat sur une couenne pas loin, mais sans trop d’entrain… on se balade pour trouver un site un peu épargné, on rigole, on slack un peu… mais tout le monde au fond est un peu amer…

Le soir, ambiance studieuse, on est loin des débordements de la veille, on scotche sur les cartes, la météo, il faut trouver une solution…

‘’ILS’’ annoncent une légère embellie demain, le but est de viser juste entre l’heure d’arrivée sur site pour à la fois éviter la brume matinale, profiter du vent sur la falaise avant que celle-ci ne se retrouve de nouveau lessivée par la prochaine averse… gulp…

 

Pas gagnée l’histoire… mais… le matin :

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un créneau s’ouvre, on s’éparpille en petits groupes le long de la crête pour le grand rappel de départ…

je reste avec Jerem, on a choisit une course de 7-8 voies (210m) d’une difficulté +/- 6a selon les passages

on lance la corde dans le précipice, Jerem disparait, je reste seul sur un bout de rocher, à contempler la mer, à essayer de garder ma respiration, essayer de ne pas partir en couilles… fatigue, stress de la météo, de l’inconnu… je ne mène pas large quand des soubresauts m’annoncent que c’est à moi de faire le grand saut

on fait un arrêt au milieu, récupération et remontage de corde… cette fois je repars en premier, dans les concrétions calcaires torturées de la falaise

j’ai tout le loisir d’apprécier la descente de Jerem et l’oppressante perspective du vide inversé

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On remballe tous les matos, et en route sur le petit sentier qui longe l’eau, pour trouver notre  »départ »

gloups…

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impossible de reculer à présent, les deux premières voies sont impressionnantes, le rocher est très humide, les prises surprenantes après ces années de granit volcanique… chaque étage est un monde différent, une sorte de remontée par pallier des cercles de l’enfer, une nouvelle vue, une nouvelle roche à chaque fois, c’en est à pleurer

 

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le gaz sous les pieds commence vraiment à se faire sentir, la grimpe est complétement différente de ce que j’ai connu jusqu’à maintenant, on progresse lentement, dans d’infinie précautions, la peur au ventre, la tête vide…

à mi parcours, ou un peu plus, arrive le  »passage à miquettes » dont je me rappellerai toute une vie: rentrer par dessous dans une petite cavité de la falaise, à peine assez grande pour nous accueillir les deux… et ressortir en aveugle, par un trou sur le côté, le dos dans le vide, avec un plomb en dévers de 20 ou 30 mètres dessous…

la prise de sortie est sûrement un des endroits au monde qui se fait serrer le plus fort… de toute façon, si on se loupe là, il faut changer de slip, ça c’est sûr!

les passages deviennent plus ludiques, il faut passer dans des cheminées, sac accroché aux pieds, la roche offre un spectacle somptueux…

 

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le gaz de 150-200m devenu absurde et hors d’entendement en dessous, l’impression de vide s’estompe paradoxalement… le cerveau interrompt quelques instant sa production désordonnée d’adrénaline pour ouvrir une fenêtre contemplative… c’est ça… c’est pour ça qu’on est là, pas pour la perf, pour le paysage, pour cette relation unique à la nature dans ce qu’elle a de plus hostilement magnifique… et goûter le privilège rare et l’intensité du moment présent:

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le calcaire se transforme en  »pudding » sur les deux dernières longueurs

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et enfin, ou déjà, ou… on ne sait jamais trop dans ces moments, arrive le dernier relais

on se clippe à +200m du sol, on sort du Mont d’or, de la Morteau, on ne dit pas grand chose, on est heureux de l’avoir fait, heureux que tout ce soit bien passé (à part une connerie d’assurage de ma part, encore désolé Jérem), heureux de sentir la tension nerveuse et musculaire nous abandonner lentement dans la contemplation de l’horizon, qui se troue ci et là de gigantesques cercles de lumière où se reflètent les vagues au loin…

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au revoir… et à bientôt… [générique des citées d'or]

 

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À propos de loiseauivre

Musicien et vadrouilleur du dimanche, touche à tout pas trop endimanché...

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